04.10.2009
Petit rappel des Erinyes
Oedipe, chap.2 dans « Symbolisme de l’image et anthropologie » :
« Or Oedipe ignore son origine et la seule trace, le seul signe qui le rattache à celle-ci est sa blessure aux pieds. Cette blessure — les deux articulations du pied transpercées — est donc sa mémoire, sa "mère"». C'est pourquoi il faut y porter une attention particulière.
Jocaste, sa généalogie nous le montre, est descendante du serpent. Mais d'un aspect seulement.
L'histoire de Penthée montre que cette lignée est liée au Cithéron qui est le lieu propre des Erinyes ; ces déesses des Enfers "sont des forces primitives, qui ne reconnaissent pas l'autorité des dieux de la plus jeune génération." Ce sont des déesses violentes, nées des gouttes du sang dont la mutilation d'Ouranos imprégna la terre. "On les représente comme des génies ailés, dont les cheveux sont entremêlés de serpents; à la main elle tiennent des torches ou des fouets. Quand elles s'emparent d'une victime, elles la rendent folle, la torturent de toutes les manières... Leur demeure est l'Obscurité des Enfers, l'Erèbe...
Protectrices de l'ordre social, elles châtient tous les crimes susceptibles de le troubler, et aussi la démesure, l'Ubris, qui tend à faire oublier à l'homme sa condition de mortel. Elle interdisent aux devins et aux prophètes de révéler trop précisément l'avenir, et ainsi de retirer l'homme de son incertitude et de le rendre trop pareil aux divinités." (Grimal, p. 146) Jocaste et Laïos exposent Oedipe sur le Cithéron, l'enfant n'ayant pas trois jours. C'est dire que tout le rôle maternel de Jocaste est celui du Cithéron. Ce que le choeur de la tragédie souligne dans le passage cité plus haut.
Jocaste montre l'aspect violent, venimeux, démesuré du serpent. La blessure infligée à l'enfant en est la mémoire; c'est pourquoi la caractéristique de la fonction psychique symbolisée par Oedipe sera la démesure s'exprimant par l'amnésie, la colère et la tyrannie.
On sait que le châtiment d'une telle faute sera l'aveuglement qu'Oedipe s'infligera lui-même et l'exil où il s'obligera par ses propres imprécations.
Mais pour bien saisir l'aspect du serpent incarné par Jocaste, il faut regarder l'autre aspect complémentaire. En face du Cithéron se trouve l'Hélicon. Cette montagne, par son nom même, indique l'aspect lové, spiralé du serpent. Sous cette forme, il est le lieu des Muses. La déesse tutélaire de l'Hélicon et mère des Muses est Mnémosyné, personnification de la Mémoire ! Les Muses président à la Pensée sous toutes ses formes : "éloquence, persuasion, sagesse, histoire, mathématiques, astronomie.
Elles dictent aux rois des paroles persuasives, les mots qu'il faut pour apaiser les querelles et rétablir la paix entre les hommes. Elle leur donnent le don de douceur, qui les rend chers à leurs sujets." (Grimal. p.304).
On verra que précisément tous ces dons manquent à Oedipe.
L'Hélicon est lié au culte d'Apollon, dieu de la musique et de la divination. C'est à Apollon qu'aura recours Oedipe plongé dans le désarroi : "Le seul remède que j'aie pu, tout bien pesé, découvrir, j'en ai usé sans retard. J'ai envoyé le fils de Ménécée, Créon, mon beau-frère, à Pythô, chez Phoebus (Apollon), demander ce que je devais dire ou faire pour sauvegarder notre ville." (69).
Mais Oedipe ne comprendra pas l'oracle, incapable de l'interpréter correctement à cause du soupçon a priori qui l'habite.
Jocaste n'a pas bercé Oedipe, par nature elle ne le pouvait pas parce qu'elle symbolise précisément la paralysie provoquée par le venin du serpent — elle est l'exclusion de la musique, qui rétablit l'harmonie de l'âme, dit Platon. Elle est exclusion du rythme et de la mesure puisqu'elle expose son enfant aux Erinyes qui représentent ici des forces autonomes, dissociées les unes des autres.
On connaît trois Erinyes : Alecto, Tisiphoné et Mégère.
Alecto (Aléctô) est implacable, incessante, c'est le caractère acharné de l'obsession.
Tisiphoné (Tisi-phone) vénère le meurtre, évalue le prix du meurtre. Mégèn (Megaira) est celle qui porte envie, qui s'oppose par jalousie et jette le mauvais oeil, fascine et ensorcelle.
En exposant Oedipe à de telles influences, Jocaste détruit en lui toute possibilité d'un jugement sain parce qu'elle introduit — c'est là son venin — une dissociation radicale dans son âme. La fonction maternelle de la mémoire étant abolie les autres fonctions psychiques se trouvent séparées et la principale d'entre-elles devient obsessionnelle, soupçonneuse et elle tend à l'élimination des autres. L'aboutissement d'une telle configuration psychique, serait évidemment la folie et la mort si rien ne venait la corriger. »
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01.10.2009
Purification
"Ils ignorent les secrets de Dieu, c’est la suite exacte du Livre de la Sagesse,
Ils n’attendent pas (alors en quoi on voit quelqu’un qui ignore les secrets de Dieu ?) de rémunération pour la sainteté.
Ils ne veulent pas croire à la récompense des âmes pures ; c’est qu’on ne peut atteindre sans travail sur nous-mêmes, sans purification. On pourrait comprendre les yeux fermés et les oreilles bouchées, NON ! Il faut ouvrir les yeux, ouvrir les oreilles, et s’efforcer de comprendre !
Oui, Dieu a créé l’homme incorruptible, Il en a fait l’image de sa propre nature ......"
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